Revue des preuves

OHB et récupération après un AVC : ce que l'essai Efrati de 2013 a montré, et n'a pas montré

Un essai de 2013 a rapporté des gains neurologiques sous OHB après un AVC chronique. Signal intrigant, mais les grandes recommandations n'ont pas adopté l'OHB pour l'AVC.

HBOT-Wiki Editorial

L'essentiel
  • L'essai Efrati publié en 2013 dans PLOS ONE a recruté 74 patients dont l'AVC était survenu 6 à 36 mois plus tôt et a rapporté des gains neurologiques et de qualité de vie significatifs après l'OHB.
  • Le témoin de l'essai était une période sans traitement plutôt qu'un simulacre, si bien que les patients savaient qu'ils étaient traités, ce qui rend les résultats sensibles aux effets d'attente et placebo.
  • Les principales recommandations sur l'AVC n'ont pas adopté l'OHB pour l'AVC, et l'AVC ne figure pas sur les listes d'indications hyperbares reconnues.

Une question qui revient sans cesse

Peu d'usages de l'oxygénothérapie hyperbare suscitent autant d'espoir, ou autant d'exagération, que la récupération après un AVC. L'idée est qu'augmenter l'apport d'oxygène au tissu cérébral lésé pourrait réactiver des cellules endommagées mais non mortes, même longtemps après l'AVC. L'étude la plus souvent citée à l'appui est un essai randomisé de 2013 mené par Efrati et ses collègues, publié dans PLOS ONE, et elle mérite d'être lue attentivement plutôt que citée en gros titre.

Il vaut la peine d'énoncer d'emblée la conclusion : il s'agit d'un unique essai de petite taille présentant un signal intéressant, qui n'a pas modifié la façon dont l'AVC est pris en charge dans les recommandations de référence.

Ce qu'a fait l'essai

L'essai a inclus 74 patients ayant subi un AVC entre 6 et 36 mois auparavant, tous à un stade chronique et tardif plutôt qu'à la phase aiguë. Il utilisait un plan croisé dans lequel un groupe recevait 40 séances hyperbares sur environ deux mois, tandis que l'autre groupe passait d'abord par une période témoin de deux mois sans traitement, puis recevait les mêmes 40 séances. Les résultats ont été évalués à l'aide de l'échelle neurologique NIHSS, des activités de la vie quotidienne, de mesures de qualité de vie et de l'imagerie cérébrale par SPECT.

Les auteurs ont rapporté que la fonction neurologique et la qualité de vie s'amélioraient significativement après les séances d'OHB, sans amélioration pendant la période témoin sans traitement. Ils ont décrit 43 % des patients présentant une amélioration fonctionnelle significative et 29 % supplémentaires une amélioration légère, et ont interprété l'imagerie comme la preuve que la neuroplasticité peut être activée à un stade chronique.

Pourquoi la prudence s'impose

Les limites sont importantes, et les auteurs n'ont pas caché la conception de l'étude. Celle-ci était de petite taille et menée dans un seul centre, et le témoin croisé était une période sans traitement plutôt qu'une procédure fictive ou placebo, si bien que les patients savaient qu'ils étaient traités. Cela rend les résultats vulnérables aux effets d'attente et difficiles à distinguer de l'influence du placebo. Ces résultats n'ont pas été reproduits dans de grands essais multicentriques en aveugle.

C'est pourquoi ce résultat doit être considéré comme générateur d'hypothèses. C'est une raison de mener davantage de recherches, non une preuve de bénéfice.

Ce que disent réellement les recommandations

Point crucial, les grandes recommandations sur l'AVC n'ont pas adopté l'oxygénothérapie hyperbare comme traitement recommandé de l'AVC ni de sa rééducation, et l'AVC ne figure pas sur les listes d'indications hyperbares reconnues. À quiconque affirme que l'OHB est une thérapie établie de l'AVC, on présente une image qui devance les preuves.

Comme l'AVC fait l'objet d'un marketing intense auprès des consommateurs qui envisagent des dispositifs domestiques, c'est un domaine où l'esprit critique est payant, et une introduction neutre sur guide d'achat peut aider à distinguer la vente de dispositifs des allégations cliniques. Le fait que l'équipement soit réel ne rend pas prouvé un usage qui ne l'est pas.

La rééducation après un AVC est un processus long et individualisé, dirigé par des spécialistes de neurologie et de rééducation. Savoir si l'OHB a un rôle quelconque pour une personne donnée est une question qui revient à ces médecins traitants, tranchée en toute lucidité sur le caractère limité des preuves actuelles.

Questions fréquentes

+L'OHB favorise-t-elle la récupération après un AVC ?

Un essai de 2013 mené par Efrati et ses collègues a rapporté que la fonction neurologique et la qualité de vie s'amélioraient significativement après l'OHB chez des patients victimes d'un AVC chronique, 43 % montrant une amélioration fonctionnelle significative. Mais il s'agit d'un essai unique, de petite taille et monocentrique, dont le témoin était une période sans traitement plutôt qu'un simulacre : il vaut donc mieux le considérer comme générateur d'hypothèses. Discutez de tout rôle éventuel avec vos médecins traitants.

+Les recommandations sur l'AVC ont-elles adopté l'OHB ?

Non. Les principales recommandations sur l'AVC n'ont pas adopté l'oxygénothérapie hyperbare comme traitement recommandé de l'AVC ou de sa rééducation, et l'AVC ne figure pas sur les listes d'indications hyperbares reconnues. Quiconque s'entend dire que l'OHB est un traitement établi de l'AVC reçoit une image qui devance les données.

+Pourquoi l'essai d'Efrati sur l'AVC doit-il être lu avec prudence ?

L'étude était de petite taille et menée dans un seul centre, et son témoin en crossover était une période sans traitement plutôt qu'un simulacre ou un placebo, si bien que les patients savaient qu'ils étaient traités. Cela rend les résultats sensibles aux effets d'attente, et les conclusions n'ont pas été reproduites dans de grands essais multicentriques menés en aveugle. Les auteurs eux-mêmes l'ont présenté comme générateur d'hypothèses.

Sources