Données probantes

Un essai d'OHB contrôlé par simulation chez des vétérans souffrant de TSPT lié au combat

Un essai randomisé contrôlé par simulation chez des vétérans rapporte une baisse des scores de TSPT et de dépression après OHB. Comment fonctionne le sham, et où se situent les limites.

L'essai

Le Journal of Clinical Psychiatry a publié un essai clinique randomisé, contrôlé par simulation (sham), portant sur l'oxygénothérapie hyperbare chez des vétérans souffrant de trouble de stress post-traumatique (TSPT) lié au combat. L'étude a été menée au Sagol Center for Hyperbaric Medicine and Research du Shamir Medical Center, en Israël, avec un recrutement rapporté entre février 2020 et juillet 2023.

Les participants étaient des vétérans de sexe masculin, âgés d'environ 25 à 60 ans, répondant aux critères d'un TSPT lié au combat avec un score supérieur à 20 à la Clinician-Administered PTSD Scale for DSM-5 (CAPS-5). Ce seuil d'inclusion compte : il signifie que la cohorte partait de niveaux de symptômes cliniquement significatifs, et non de cas légers ou limites. Le TSPT lié au combat est souvent ancien et peut ne répondre que partiellement à la psychothérapie et aux médicaments standard, ce qui explique en partie pourquoi des approches alternatives sont étudiées.

Comment se construit un essai d'OHB contrôlé par simulation

Mettre l'oxygène hyperbare en insu est difficile, car les patients perçoivent souvent qu'ils sont mis sous pression. Pour y répondre, les deux bras sont entrés dans un caisson pour 60 séances quotidiennes de 90 minutes. Le bras actif respirait de l'oxygène à 100 % à 2 atmosphères absolues (ATA) ; le bras simulé respirait de l'oxygène à 21 % - de l'air ordinaire - à 1.02 ATA, une pressurisation symbolique, avec des pauses à l'air de 5 minutes. L'objectif est que les participants vivent un rituel comparable alors qu'un seul groupe reçoit une dose d'oxygène significative.

Ce schéma est la principale force de l'étude. Un comparateur simulé aide à séparer l'effet physiologique de l'oxygène des puissants effets d'attente qui accompagnent un traitement intensif et très encadré. Aucune simulation n'est parfaite, mais une exposition à l'air à basse pression constitue une tentative sérieuse de maintenir un véritable insu, tant chez les participants que chez les évaluateurs.

Ce que les auteurs ont rapporté

L'essai a rapporté des réductions significatives de la sévérité des symptômes de TSPT à la CAPS-5, ainsi que des réductions des symptômes dépressifs mesurés avec le Beck Depression Inventory (BDI-II) et le DASS-21. Autrement dit, le signal ne se limitait pas aux symptômes centraux du TSPT mais s'étendait aux mesures de l'humeur recueillies au même moment.

Ces résultats doivent être lus dans les limites de l'essai. La cohorte était composée de vétérans masculins souffrant de TSPT lié au combat ; les conclusions ne se transfèrent donc pas automatiquement aux femmes, aux civils, ni aux TSPT d'autres origines. Un essai unique, aussi soigneusement contrôlé soit-il, est une contribution à la base de données probantes, pas le dernier mot. À lui seul, il n'établit pas non plus la durée d'une éventuelle amélioration, la durabilité dépendant d'un suivi au-delà de la fenêtre de traitement.

Une lecture en contexte

C'est la réplication indépendante par d'autres équipes, dans d'autres populations, qui transforme un essai contrôlé prometteur en résultat fiable. L'OHB dans le TSPT relève d'un champ de recherche actif mais encore en développement, et les résultats ont été mitigés d'une étude à l'autre, selon les schémas et les populations. Les pressions utilisées ici - 2 ATA dans un caisson étanche - constituent une exposition de niveau clinique, que ne reproduit pas un équipement grand public à basse pression ; notre présentation des dispositifs à basse pression à l'adresse caissons soft-sided explique pourquoi cette distinction compte à la lecture des protocoles d'essais.

Les troubles liés au traumatisme exigent une prise en charge professionnelle et individualisée. Si l'OHB vous intéresse dans ce cadre, la bonne démarche est d'en parler à un médecin ou à un clinicien en santé mentale, et non de vous traiter par vous-même.

Sources