L'OHB pour la récupération après une blessure sportive : ce que les preuves montrent, et ne montrent pas
De petites études laissent entrevoir une récupération plus rapide de certaines blessures sportives, mais les preuves émergent et sont mitigées. Un regard honnête sur l'OHB et le retour au jeu.
Ce que recherchent les sportifs
L'oxygénothérapie hyperbare (OHB) consiste à respirer de l'oxygène à des pressions supérieures à la pression atmosphérique normale, ce qui augmente la quantité d'oxygène dissoute dans le sang et les tissus. En sport, l'intérêt est simple : si un muscle, un ligament ou un os blessé pouvait être inondé de davantage d'oxygène, peut-être l'œdème se résorberait-il plus tôt et les sportifs pourraient-ils reprendre l'entraînement plus vite. Cette logique est plausible, mais la plausibilité n'est pas une preuve, et la recherche sur la récupération sportive est encore jeune.
Il est utile de distinguer deux questions. La première est de savoir si l'OHB accélère la guérison d'une blessure réelle, comme une élongation musculaire ou une entorse de la cheville. La seconde est de savoir si l'OHB améliore la récupération entre des séances d'entraînement intenses ou augmente la performance chez des sportifs en bonne santé. Les réponses ne sont pas les mêmes, et les preuves sont un peu plus solides, quoique encore limitées, pour certains scénarios de blessure que pour des gains de performance ordinaires.
Là où de petites études suggèrent un bénéfice
Une récente revue systématique avec méta-analyse portant sur les lésions musculaires induites par l'exercice a regroupé une dizaine d'études couvrant environ 300 participants et a rapporté que l'OHB était associée à une récupération plus rapide des dommages musculaires et des courbatures. Des essais isolés sur des blessures précises, comme les entorses de la cheville et les élongations du ligament collatéral médial du genou, ont décrit des scores de douleur plus faibles et un retour au jeu plus rapide lorsque l'OHB s'ajoutait aux soins standard. Dans l'ensemble de cette littérature, l'OHB paraît plus utile comme complément à la rééducation classique que comme traitement à part entière.
Là où le signal s'estompe
Le tableau est bien moins encourageant pour la performance et la récupération générale. Une autre revue systématique a constaté que l'OHB administrée avant ou après l'exercice n'avait aucun effet significatif sur la performance ou la récupération chez des sportifs en bonne santé, même si l'oxygène délivré pendant l'exercice montrait un possible bénéfice pour l'endurance musculaire. Pour les blessures ligamentaires aiguës, certains essais n'ont rapporté aucune différence notable dans les délais de retour au sport. Autrement dit, une même thérapie peut sembler prometteuse pour un critère et ne rien produire de mesurable pour un autre.
Comment évaluer la recherche
Quiconque compare le matériel croisera aussi des caissons souples à basse pression (caissons soft-sided) fortement commercialisés auprès des sportifs et des particuliers, aussi vaut-il la peine de savoir que la plupart des allégations de récupération sportive reposent sur de petites études plutôt que sur de grands essais randomisés. Les auteurs de revues signalent sans cesse les mêmes faiblesses : peu de participants humains, des protocoles hétérogènes, une randomisation et une mise en aveugle limitées, et quasiment aucune donnée propre aux sportifs de haut niveau. Ces lacunes ne prouvent pas que l'OHB est inutile pour la récupération, mais elles signifient bien qu'un marketing assuré devance largement la science.
Pour l'instant, l'OHB pour les blessures sportives relève de preuves en développement plutôt que d'une pratique établie. Elle ne remplace ni la kinésithérapie, ni une rééducation progressive, ni une évaluation médicale sérieuse d'une blessure, et elle n'est pas un raccourci pour les contourner. Les sportifs et les équipes qui l'envisagent devraient la considérer comme un outil expérimental parmi d'autres et trancher avec un médecin du sport qui connaît la blessure en question.